Septembre

 

Mercredi 29 septembre
Par un ciel à peindre des tableaux ou prendre des photos plutôt que de cueillir, oubliant, l’espace d’une belle matinée, l’omniprésente pression due aux dédiées qui profitent encore du frais en cette heure tardive de septembre, de nombreux vigneronnes et vignerons, tout souriants, s’en sont allés sans hésitation, cap sur ‘’l’Icône’’ à Marco, située en bordure du village, formant ainsi, par la même occasion, une ‘’coll’’ multicolore sans ‘’mousségne’’, faîte de grands, de petits et même de moyens, une ‘’coll’’ issue d’une bonne partie du Fenouillèdes, une ‘’coll’’ enfin, sentant bon l’amitié, l’union et la tranquillité.
Un Louis heureux au milieu de ses troupes, un petit carré de syrah cuisiné aux petits oignons pour fins gourmets, que demander de plus en ce dimanche matin ?
Quarante cagettes plus loin, les bénévoles, après un léger ‘’tri sélectif’’ aux quais, se penchaient, aussi sérieusement cette fois ci, sur les incontournables magrets de canard, si chers à notre Président.
Quand la chance vous est donnée de participer à pareille balade, il faut, sans se poser de questions, croquer dedans à pleines dents, car c’est dans ces moments là, entouré de fraternité que l’on savoure vraiment le fait d’être vigneron de Trémoine.
Vigneron d’une cave dont les racines, pareilles à celles du platane Planézole côtoyant le pont, vont tellement profond qu’elles mettent cette dernière à l’abri de n’importe quelle intempérie.
Quant aux Icônes, deux ans d’âge déjà, petit dernier de nos Hauts de Gamme, Icônes qui n’arriveront jamais à faire péter un jour les boulons de la bascule, elles se dressent doucement mais sûrement en chef de file d’une qualité sans cesse en marche avant.
PS : Patiemment, minutieusement, délicatement, amoureusement et on en passe, tout au long de l’année, tel un château de cartes, le vigneron met en place sa récolte. A lui d’éviter, à quatre cartes du sommet, de tout ‘’asboudraguer’’ par précipitation.

Mardi 28 septembre
Das Kapital...débarque à Planèzes le jeudi 30 septembre à 21h. Das Kapital c’est :
Hasse Poulsen (guitare). Largement inspiré par Louis Sclavis avec qui il a partagé la scène pendant 5 ans dans le quartet Napolis Walls, Hasse Poulsen dirige le trio Sound of Choice depuis 1991, le quintet Progressive Patriots depuis 2008. Il codirige le quartet Speeq, le trio Roy Poulsen, Chevillon, un duo avec Marc Ducret et bien sûr Das Kapital... Il joue également dans le quartet d’Hélène Labarrière.
 Edward Perraud (batterie & percussions). Batteur, percussionniste, compositeur, improvisateur, chercheur et partisan du don de soi, Edward Perraud revendique un parcours loin des chapelles où tout doit être possible.Depuis dix ans, il a eu l’opportunité de jouer avec de nombreux musiciens des scènes européennes et américaines, tels que Paul Rogers, Dan Warburton, John Butcher, John Edwards, Johannes Bauer, Bernard Lubat, Michel Portal, Vincent Courtois, Daunik Lazro, Jean-Luc Cappozzo, Didier Petit, Camel Zekri, Lucias Recio, Olivier Benoit, Peter Scherr, Marc Helias, Itaru Oki…
Daniel Erdmann (saxophone ténor). Depuis 1999, il a donné des concerts dans toute l’Europe, en Asie, aux États-Unis et au Canada. Sa route a croisé celle de nombreux musiciens, dont Aki Takase, Ed Schuller, Conny Bauer, Gebhard Ullmann, Herb Robertson, Tony Buck, Thierry Madiot, Axel Dörner, John Betsch, Jaak Sooäär, Francois Théberge, Rudi Mahall, Pierre Dörge, Joe Williamson, Yves Robert, Uli Moritz, Michael Thieke, Michael Felberbaum, Gary Campbell, Peter Kowald, Gilles Coronado, Bertrand Denzler, Antoine Paganotti, Benjamin Duboc, Eric Schaefer, Chris Dahlgren, Günter Müller, Kalle Kalima, Oliver Steidle, Jean-Philippe Morel, Gerhard Gschlössl, Michael Anderson...

Dimanche 26 septembre
Ces derniers jours, petit ‘’rambaill’’ à l’entrée du village côté Latour, où les gars de la Sotranasa s’affairaient sur la D9. Un mur longeant le jardin de Monsieur Loubet étant à l’ordre du jour, la ligne téléphonique change de côté et les poteaux, en place de 7 mètres, sont remplacés par des tout neufs de 8. Du travail vite fait bien fait et, quant au mur, une fois en place, il évitera à Bastien de retrouver un cycliste ou un motard étourdi au milieu de ses tomates, juste en contrebas.
PS : Mardi 28 septembre, à 20h30, réunion à la Mairie ou à la Maison de Paul, selon disponibilités, pour l’organisation du vide-grenier du 17 octobre.

Samedi 25 septembre
Côté Pujol, en cette période de vendanges, elles s’entendent de loin, la bétonnière et la disqueuse à Gilles. Jonglant entre travail professionnel et personnel, il est là, Gilles, occupé, dès qu’il a cinq minutes, à placer patiemment, les unes après les autres, les tuiles d’un toit qui ne demande qu’à être couvert. Souhaitons lui de pouvoir apprécier bientôt, en compagnie d’Annie, cette vue imprenable qui s’étale du Pla au Pont, en passant par le Garouilla et le Gourd’En Coq.

Vendredi 24 septembre
Ces derniers temps, ils sont là, Laurent et Jean-Michel, tels deux sympathiques gendarmes inspectant sous toutes les coutures et toutes les 72 heures nos vignes dédiées, dégustant à tire-larigot baies de grenache et carignan Château afin de donner, espérons-le, avant Noël, le feu vert pour la cueillette.
L’œil de l’œnologue et l’œil du vigneron n’auront jamais le même angle de vision. Le premier choisira involontairement des grains pas complètement mûrs, oscillant entre le 14 et le 15°, alors que le second trouvera, les yeux fermés, du 16 bien tassé, tellement il communie, tout au long de l’année, avec ses chères vignes.
Pour cause de haut de gamme, une nouvelle ère est en train de nous tomber sur les oreilles et il semble, cousu main, que dans les années à venir, la patience s’invitera bien souvent au programme, surtout si un raisin, paraissant mûr pour les uns ne l’est pas forcément pour les autres.
Entre ‘’poc i massa’’, un juste milieu est à trouver, même si celui-ci a plutôt tendance à glisser du côté de nos responsables.
Quoiqu’il en soit, pour tout ce qu’ils nous apportent, ces derniers méritent à tout coup la confiance des vignerons que nous sommes et, à choisir, il parait plus raisonnable d’être plutôt à notre place qu’à la leur.

Mercredi 22 septembre
Comme tous les automnes, au moment même où de nombreux Planézols courbent l’échine, sécateur en main, sur la récolte, Joanna et John viennent s’oxygéner Place de l’Eglise et Joanna met à profit ce séjour pour commencer à  préparer son devant de porte afin de figurer fièrement au hit parade des maisons fleuries du département, une fois venue le jour J.

Lundi 20 septembre
Si, depuis trois semaines, les quais sont ouverts avalant par petites tonnes la récolte 2010 qui n’a plus rien à faire dehors, Hugues, dans le Cellier Trémoine, ne chôme pas non plus. Aimable, compétent et discret, il est là pour servir tout en s’occupant, à l’occasion, du site ‘’trémoine.com’’ qui mérite bien le détour.

Vendredi 17 septembre
Enracinés sur cette terre qui nous fait vivre, nos braves ceps de vigne, qu’ils soient jaunes, gris, rouges, noirs ou blancs, qu’ils soient grenache, syrah, macabeo, muscat ou carignan, qu’ils soient vieilles ‘’rabasses’’ ou jeunes plants, s’entendent à merveille et se côtoient dans la plus parfaite harmonie. Un exemple à suivre pour les pauvres terriens que nous sommes.

Mercredi 15 septembre
Si vous avez la guigne de rouler sur un clou long comme la moitié d’un sécateur, allez voir Jean-Mi et le temps de compter à 20, il vous rend votre pneu comme neuf et réparé, après avoir, tel un prestidigitateur, arrondi le trou à la lime, passé une pâte de derrière les fagots destinée à colmater ‘’la brèche’’, le tout suivi d’un petit coup de gonfleur et d’un petit coup de vaporisateur, manière de tester l’imperméabilité de l’histoire. Du vrai travail de pro, d’ailleurs, c’en est un !

Lundi 13 septembre
Semblable au Vélodrome Marseillais un soir de ligue des champions, la trop petite salle Rasiguéroise affichait complet en cette seconde semaine de vendanges. Ils étaient tous là, les vignerons, Cassagnols et Lansaquois, Tourils et Lesquerdois, Planézols, Rasiguérois et Estagellois pour écouter sans broncher, comme de bons élèves de CM2, leurs instituteurs, Louis, Pierre, Laurent et Jean-Michel. Et, comme bien souvent en cette période de rentrée de raisins, le discours des maîtres empreint d’une incontournable sagesse indiscutable faisait l’unanimité de la classe et se résumait en quelques mots à : « Rien  ne sert de courir, il faut cueillir à point. »
Au programme jusqu’à mercredi : mélanges, macération, syrah et muscat en attendant, en 2ème moitié de semaine, les rentrées probables des grenaches noirs et de certains hauts de gamme.

Dimanche 12 septembre
Au milieu de la ronde infernale des bennes qui font tellement de bruit qu’elles ne s’entendent plus, les pétarades des motos à Jean-Mi passent pour de la musique classique. Comme Margarete, quel que soit le temps, il est là, Place de l’Eglise, fidèle au poste, se régalant, sourire aux lèvres, d’aller chercher la petite bébête qui empêche ses belles machines de tourner rond. Il est bien dommage que les Bacchus ne s’adressent qu’aux vignerons car, en catégorie ‘’Mécano’’, il serait souvent, comme le Château Planèzes ou le Rosé Trémoine, Médaille d’Or.

Vendredi 10 septembre
Tout viticulteur que nous sommes, il ne faut pas oublier, malgré les soucis, la fatigue, le soleil et les ‘’ramades’’, que nous traversons sans doute en ce moment, la plus belle période de l’année, période qui s’achèvera bien un jour autour d’un bon verre de rosé Trémoine, l’esprit rempli de tout frais souvenirs et tourné déjà vers la saison de taille. Alors, dégustons sans modération ce qui nous est offert tous les jours dans nos chères vignes et que certainement beaucoup nous envient.

Mercredi 8 septembre
On se souvient de René le Caudiésois qui, plus d’une fois a joué sous les couleurs des Pallagoustys, dans les années 80 ou bien contre quand il s’agissait de défendre les couleurs de son cher village à Prats de Sournia. Il y a peu, il était là, à la sortie du village, chrono et cahier en mains, pour évaluer et noter la vitesse des véhicules allant et venant sur la D9. Posté à l’embranchement qui descend chez Céline et Bastien et mandaté par le Conseil Général, il va calculer un petit quelque chose pour que la sortie du Sarrat se fasse le plus en douceur possible.

Mardi 7 septembre
En ce dimanche 5, la salle de réunion rasiguéroise était pleine comme un œuf en ce début de vendanges et si nos chefs avaient dû faire plaisir à tout le monde, il aurait fallu ouvrir 10 quais. Pour les trois prochains jours, si la pluie ne vient pas s’en mêler, syrah fruité Trémoine et hors sélection sont au programme de même que le mélange et le muscat. Mercredi à 18 heures, en ce même lieu, sera débattu le programme de jeudi à samedi. Qu’on se le dise !

Lundi 6 septembre
Un peu comme celles et ceux qui vont régulièrement à l’église le dimanche matin, sûrs de recevoir l’hostie, les poules de Margarete, elles, ‘’s’affartent’’ de baies mixées flirtant allègrement avec le 15° et, à les voir faire, on se dit qu’elles doivent drôlement apprécier.

Dimanche 5 septembre
Qu’il pleuve, vente, neige ou vendange, Margarete continue avec tout son sérieux de s’occuper de notre cher village. Une fois aux fleurs, une autre fois, débroussailleuse sur le dos, ou bien poussant la brouette, elle ‘’roundinège’’, sourire aux lèvres, veillant au moindre petit détail clochant.

Vendredi 3 septembre
Si la cueillette des raisins est bel et bien la priorité première de nos chers viticulteurs, il ne faut pas en oublier pour autant celle des pommes que Dame Tramontane se régale de déquiller à tire-larigot. Alors, il vaut mieux prendre les devants et les aligner bien sagement en cagettes.

Mercredi 1er septembre
Si le doute sur le début des vendanges pouvait être permis, la présence de deux machines à vendanger sur le terme a tôt fait de les balayer. Une, couleur rouge sur le Sarrat de Louis, une Pellenc sur le Counties à Yannick, un ‘’barouf’’ de derrière les fagots et bonjour les vendanges 2010. Heureusement, quelques ‘’vraies colles’’ ‘’ascampillées’’ ici et là comme celle de Robert donnent un côté plus humain de cette belle période qui est devant nous.