Mai

 

Dimanche 31 mai
Dans une ruelle du haut du village, assises sur un banc vert bien calé sous la fenêtre du Boffy, cinq générations réunies tournent leur regard vers l’objectif. Jeanne, Dédé, Annie, Julien, Lola apprécient ces moments uniques que peu de personnes ont la chance de connaître. En regardant notre chère doyenne Jeanne donner le biberon à la ‘’petitoune’’, on note un geste toujours sûr malgré les années passées. Dans son regard (peut-être l’imagination nous joue-t-elle des tours), on lit qu’elle ne serait pas contre un petit retour en arrière, du temps où sa petite Dédé commençait à découvrir le monde dans nos rues sentant bon le parfum frais des chevaux.

Vendredi 29 mai
Les travaux ne finissent plus dans les rues du village. Alors que la Sotranasa déquille un par un les poteaux du périphérique, l’entreprise ‘’Eiffage travaux publics’’ de Saleilles, prépare le terrain pour regoudronner les ruelles de chez Alex, du Boffy et des Torga plus le devant de la Mairie et la traversée du village par l’Eglise. Ali, Hicham, Mohamed et le chauffeur Stéphane (qui lui, vient de la boîte Sempere Marylin basée au polygone nord), se collent avec bonne humeur à découper au marteau piqueur et scie à béton tout le vieux goudron qui a fait son temps et qui a bien besoin d’être remplacé. En attendant l’enrobé qui ne saurait trop tarder, il est conseillé à la population de prendre patience et d’éviter de se garer au milieu des travaux.


Jeudi 28 mai
Après l’enterrement des réseaux d’une partie de l’avenue de l’Agly, le temps semble venu de supprimer les vieux poteaux en béton enguirlandés de fils et d’ampoules se dressant haut dans le ciel et que les hirondelles seules regretteront. A voir la façon dont ils sont ‘’abattus’’, on comprend mieux qu’ils ne se soient pas ‘’asboudragués’’ comme des vieilles chaussettes lors du passage de Klaus. Les gars, responsables du travail, commencent par mettre à nu à coups de mail les barres de fer forgé qui sont coulées à l’intérieur et les découpent ensuite une par une au chalumeau jusqu’à ce que le poteau se pose en douceur sur le sol soutenu par le crochet de la mini grue. Vraiment du travail de pro !

Mardi 26 mai
Les griottiers du Garouilla, délaissés par les étourneaux, merles et moineaux occupés à picorer ailleurs les graines d’un printemps généreux, semblaient promis aux habitués du coin qui ne se lassent jamais d’y aller déjeuner ou goûter entre deux bricoles. Malheureusement, les virées nocturnes des sangliers en ont décidé autrement. Vieux solitaires ou mamans-marcassins, toujours est-il que les pauvres cerisiers au port retombant, ont été, pour certains, carrément hachés menu. Arbre délicat s’il en est, les plaies auront sans doute beaucoup de mal à cicatriser.

Dimanche 24 mai
Appareil photo doté d’un objectif d’un mètre de long (à se demander d’ailleurs si les photos du site ne proviennent pas d’un dé à coudre), Yannick, dès qu’il a 5 minutes, observe les guêpiers, les passereaux et tout ce qui a 2 ailes, un bec et des plumes ou 4 pattes et plein de poils. Son appareil, d’au moins 10 kilos, placé précautionneusement sur un trépied pour éviter les tremblements, il voit défiler au bout de son zoom, une faune Planézole multicolorée  et on peut dire qu’il en prend plein les pupilles tout en n’oubliant pas de faire les clichés.

Samedi 23 mai
Calée entre Cave et Chapelle, à l’heure où bon nombre de Planézols entament les premières siestes de saison, une bétonnière ‘’roundinège’’ sur elle-même étalant par résonnance un bruit de fond sur tout le village. Pelle et truelle en mains, torse nu, Marcel et son gendre Simpello, s’affairent à côté du conservatoire de cépages. Monsieur Chevalme Marcel, entrepreneur de Claira, conduit sa petite entreprise avec philosophie, effectuant de multiples travaux à petite échelle, tels ‘’Espaces verts, carrelages, peintures, décoration, maçonnerie’’ qui sont boudés par les grosses sociétés. Ils sont de passage chez nous dans le cadre Agly-Verdouble afin de bâtir un mur comprenant 6 bancs et 3 jardinières, longeant nos rangées de cépages témoins. Les premiers prévus poru reposer les nombreux randonneurs et les secondes, une fois confiées à Margarete, ne tarderont guère à embellir le coin avec les fleurs dont elle a le secret.

Jeudi 21 mai
Céline, Bastien et Romain sont heureux de nous annoncer l’arrivée dans leur maison du Sarrat, de la petite Ambre. Comme son grand frère Romain, elle est arrivée avec trois semaines d’avance, des cheveux par-dessus les oreilles et bien contente d’être Planézole. Née le 16 mai à l’hôpital, elle mesure 45 cm et pèse 2,750 kg.
Tous les grands-parents et arrière-grands-parents de Jacqueline à Jeannette en passant par Lucette, Fernand, Bernard, Michèle, Marie, Robert sont comblés.
Quand, tout petit, on vient au monde à Planèzes dans une famille de viticulteurs, on ne s’inquiète pas pour son avenir qui sera à coup sûr, coloré de cerises, de raisins, de baignades, de travail et de plein de belles choses.
Prends ton temps ‘’magnague’’, il passe tellement vite !
PS : Le vendredi 29 mai à 18h30 à la Mairie, réunion du Comité des fêtes afin de préparer les feux de la St Jean, la soirée St Pierre et le choix du film projeté pour la fête du village en ce même jour de la St Pierre dans le jardin de Monsieur Loubet.

Mercredi 20 mai
A la Maison du Temps Libre de nos voisins Rasiguérois, une fois l’an, Madame Michèle Mourlas de Souvignes, propose un stage de clown aux enfants, si possible âgés de moins de 20 ans. Régulièrement, ils sont une bonne quinzaine à venir passer le samedi en sa compagnie pour apprendre toutes les ficelles du métier. Certains, sûrement, n’auraient pas besoin d’être perfectionnés car clowns, ils le sont au moins à ¾ temps tout le long de l’année. Mais, en fin de stage, à l’heure de la représentation, devant des parents complètement gagas, on se dit que les gamins n’ont pas perdu leur temps et que le savoir-faire de Michèle a payé…

Mardi 19 mai
Côté Tourredeille et pompe sur le dos, Patrice, dans son jardin, traque, entre autres, les pucerons. La bonne pluviométrie de cet hiver et début du printemps, a permis aux fruitiers de bien s’épaissir en ramures et du coup, les fourmis se régalent d’agacer en plaçant nos ouvriers bénévoles (pucerons) en bout de branches afin de ‘’s’affarter’’ tranquillement de miellat, bien au chaud dans leur maisonnette, une fois l’hiver revenu. D’ici là ‘’patrons et ouvriers’’ courent le risque de se prendre une bonne douche à base de Confidor.

Lundi 18 mai
Après le sympathique duo d’écureuils, Pascal et Régis (ADETE.RC Elagages), qui le mois dernier dans notre village et ses alentours, ont élagué, supprimé ou épargné les arbres touchés par la tempête Klaus, c’est au tour de Jacques Sanchez de venir remonter le mur du jardin Loubet de Sceaury éboulé sous la force d’un pin déraciné et depuis, découpé en rondelles.
On le connait bien, le Jacques, pour l’avoir vu travailler à la Maison de Paul, dix-huit mois durant, du temps où il était ouvrier chez Monsieur Emile Navarro. Ce dernier à la retraite, il a franchi le pas de s’installer à son compte et il est devenu depuis, comme avant lui, Messieurs Galangau ou Domps, le maçon du coin. Ce n’est pas une mince affaire de tout remettre en ordre mais le travail avance régulièrement et la beauté du site est respectée. De plus, en cas de panne (batterie), Alex est toujours là pour rendre service, une fois de plus. Les deux lascars, de toute façon, se connaissent bien pour s’être rencontrés sur le chantier Loubet et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ont sympathisé.

Dimanche 17 mai
Depuis qu’il est à la retraite pour de bon (Vente ou arrachage définitif cet hiver de ses derniers hectares de vigne), Pierre, même s’il bricole à temps complet par monts et par vaux, pour sa famille et ses nombreux amis, se sent tout de même en vacances longue durée. Du printemps à l’automne au Barcarès et une fois l’hiver venu, bien au chaud en pantoufles au village, il apprécie, en compagnie de son épouse Dominique, de prendre son temps, de voyager et de passer souvent au Cellier Trémoine afin de faire découvrir nos vins à tous ses proches. Dernièrement, il a fait coup double en faisant déguster à deux sympathiques savoyards, Angélique et Daniel, habitants d’Excenevex, et nos millésimes toutes catégories et le Big Burlat 2009 certifié Bio de chez Bio. Et, macarelle, ils se sont tellement régalés que c’est à se demander s’il ne valait pas mieux inviter les étourneaux. Plaisanterie mise de côté, Daniel peut compter sur un programme millimétré pour contrer la cloque et les pucerons qui n’ont pas de frontière et à l’occasion, pourquoi ne pas venir déguster le Big Burlat 2010 toujours aussi Bio ?

Samedi 16 mai
La maison du Boffy fait peau neuve.
En prévision d’une retraite méritée qui, chaque jour passant, se rapproche à petits pas et au cours de laquelle il évitera de trop titiller ses rhumatismes dormants, le Boffy passe à l’offensive en remplaçant toutes ses vieilles fenêtres par une nouvelle génération en double vitrage, isolant par la même occasion tout ce qui est murs et plafond. Cela lui évitera également de mettre sérieusement en ‘’péril’’ la pile de bois de ses chers voisins avec lesquels il n’hésite jamais à partager un bon Rosé frais Trémoine à chacune de ses venues. L’entreprise Menuipro qui a eu le temps tout au long de la rénovation du ‘’Patrimoine Loubet’’ de montrer tout son talent et son sérieux, est chargée de la pose des fenêtres. Ce sera peut être l’occasion de revoir Nico ou Stéphane. Pour l’isolation, c’est l’artisan Cassagnol Brahim Mokhtari, installé depuis peu dans le Fenouillèdes, qui, tout sourire, se colle à la tâche. Le Boffy peut être sûr d’une chose : sa maison est entre de bonnes mains. Une question néanmoins se pose : venu le printemps 2010, les chères butineuses qui ne manqueront pas de repasser par là tellement elles adorent le coin, accepteront-elles d’aussi bon cœur, d’être apprivoisées par Bastien et son père, une fois bien installées dans un ‘’appartement’’ tout neuf ?

Vendredi 15 mai
Côté Chapelle St Pierre, le vrombissement particulier de la débroussailleuse communale se fait entendre. Le contraire, d’ailleurs, serait étonnant vu que la voûte céleste, super synchronisée ces derniers temps, est réglée, grosso modo, pour nous arroser toutes les 12 heures. Du coup, la nature resplendit de mille feux, les animaux sont contents et Hervé, comme beaucoup d’autres, ratiboise à tire-larigot l’herbe qui va se régaler de repousser.

Jeudi 14 mai
Un brouillard londonien, tout juste bon à déclencher rhumes, sinusites et mildiou, s’est installé sur notre petit village et le moins que l’on puisse dire est qu’il s’y régale. Aussi, même si la Chambre d’Agriculture n’a décelé ici ou là, dans la plaine, les Aspres, les Fenouillèdes… aucun foyer de mildiou, nos bons vignerons qui, le soir venu, aiment à s’endormir en toute quiétude sur leurs deux oreilles, ne s’amusent pas à tenter le diable. Et donc, qu’elles soient jaunes, vertes, rouges ou bleues, les voûtes entament leur petit ballet musical aux quatre coins du terme annonçant, s’il le fallait, que la saison des traitements a bien débuté.

Mardi 12 mai
Dans notre village entouré de vignes où les bourgeons poussent à vue d’œil, les vignerons entament les premiers tours. Vu le temps pas très fiable, la plupart d’entre eux joue la sécurité en assurant un traitement anti mildiou. Il ne faut pas se fier aux apparences en voyant Georges et Yannick, pompe sur le dos, travailler comme au Siècle dernier (dixit Georges), car la veille ou l’avant-veille, ce même Yannick traitait 4 hectares de syrah, les doigts dans le nez en une heure de temps à la voûte.

Dimanche 10 mai
Après la ‘’bande’’ à Jean-Jacques qui est venue pendant plus de trois semaines en février-mars s’occuper de l’enterrement de la 3ème tranche des réseaux, la Sotranasa, en ce début mai, est de retour pour la mise en place des lampadaires sur une partie de l’Avenue de l’Agly. Denis, Ignacio et Mario, tout aussi souriants que leurs collègues, se sont appliqués à bien aligner ces lampadaires en attendant d’ici huit jours l’enlèvement des poteaux en béton.

Vendredi 8 mai
Thérèse et Marcel, qui ont découvert notre village il y a de cela plusieurs années, à la suite d’un heureux hasard (problème de location sur la plaine), reviennent depuis régulièrement chez Monique où sa chambre d’hôtes est tout simplement devenue pour eux ‘’la Terre Promise’’. Ils se régalent tellement dans notre bel arrière-pays aux mille  paysages, qu’à peine leur séjour terminé, ils se languissent déjà de revenir. Et puis, des ‘’hôtesses’’ comme Monique, ça ne court pas les rues tous les jours, en ce début de XXIème siècle. Abonnés du site, ils suivent de loin la petite vie tranquille et sans histoire de notre village et n’oublient jamais de nous envoyer de ci de là, un petit coucou de Mouries. (Baux de Provence) où ils habitent. Nous avons eu le plaisir de les rencontrer récemment et d’apprécier leur délicate attention d’offrir aux travailleurs bénévoles du site, 3 petites ‘’fontaines’’ d’huile AOC, représentatives dans leur région de ce que le Rosé Trémoine est à la nôtre. Mais là, le Carignan, Grenache noir et Syrah laissent la place aux ‘’cépages’’ Salonenque, Aglandau, Grossane, Verdale et Picholine. Encore merci à eux deux en espérant partager un bon rosé frais à leur prochaine venue.

Mercredi 6 mai
Chaque printemps, la grillade organisée par Sid et Brigitte début mai, à l’ombre des chênes et oliviers de la Margoll, rappelle aux invités, tout contents de se trouver à nouveau là, qu’ils ont inévitablement vieilli d’un an. Le ruisseau, traversant ce lieu paisible et mis à mal par deux années de ‘’sécade’’, regazouille comme une famille de chardonnerets, faisant du coup le bonheur des enfants qui sont tous arrivés premier ex-æquo au jeu de qui se mouillerait le plus. D’une année à l’autre, le menu ne change guère mais que demander de plus qu’une bonne grillade faite de boudins, saucisses, côtelettes, roustes, jumelée aux bons petits plats salés et sucrés faits par les invités, le tout accompagné de nos vins de terroir. Au rayon ‘’nouveautés’’, installée en deux heures de temps par Hervé et Sidney, une tente militaire de 60 m² donnait la possibilité à ‘’toutom’’ de se faire une sieste à l’ombre. Mais le temps passe vite quand on se régale et après avoir un peu bu, bien mangé et beaucoup rigolé, le soleil déclinant à l’horizon était synonyme de retour au village.

Lundi 4 mai
En attendant que le vent du nord aille souffler ailleurs pour permettre ainsi de tranquillement commencer les premiers traitements de la saison (oïdium, eudémis), les viticulteurs vaquent à d’autres occupations. Yannick, agrafeuse en main, sur sa jeune plantade de grenache noir, s’applique, tout en attachant, à préparer la charpente cordon de Royat à venir. Et il prend mille précautions car, à cette époque, les pousses de grenache noir sont à peu près aussi souples qu’une vieille jambe pleine de rhumatismes, et cassent souvent comme du verre à ras du fil porteur.

Samedi 2 mai
René, que nous avions laissé dans le courant de l’hiver sur les Pla en train de se faire labourer par des amis les terres achetées voilà plus de 15 ans à notre regretté Dédé, est de retour. L’idée de clôturer le coin pour y parquer des chevaux de labour a suivi son bonhomme de chemin et le revoilà à la phase 2. Tondeuse ‘’brounzinante’’, il coupe ras l’herbe sur une bonne largeur (1 à 2 mètres) et sur tout le périmètre, afin de pouvoir planter bientôt les piquets ornés de 3 rangées de fil électrique branché sur batterie pour dissuader les chevaux d’aller brouter les bourgeons du voisin. L’emplacement de la serre a déjà été aplani et nettoyé : tout est donc prêt pour la phase 3, montage de la serre et arrivée des chevaux.


Vendredi 1er mai
Qui ne connait pas le vieux dicton : « En avril ne te découvre pas d’un fil et en mai fais ce qu’il te plait. » ?
Et bien, Jean-Mi, il le suit à la lettre et à la virgule près. Dès le 1er mai venu, qui plus est, fête du travail, il est là dans son garage en bleu de chauffe, pistolet en main, masque sur le visage, grande toile tirée pour protéger toute moto des ‘’resquits’’, passant et repassant avec un plaisir évident plusieurs couches de peinture noire sur un cadre de vieille Honda. On peut lui faire confiance pour, d’ici peu, tel un magicien sortant un lapin de son chapeau, nous présenter une moto toute neuve.