Les 4 malabars et les 60 fraises

De stature princière,

Joséphine Malet,

Notre bonne épicière

est de tous redoutée.

De force peu commune,

par nous enfants de choeur,

Elle est un soir de lune,

baptisée "le catcheur". .

Chez elle, forcément,

le balai est prévu

Pour donner de l'élan

à tous les malvenus. .......

Pour service rendu,

ma gentille maman

Donne à mon frère ému,

une pièce d'argent.

Tout naturellement,

l'épicerie du haut,

Irrésistiblement,

attire ce héros.

La ligne droite étant

le chemin le plus court,

Il s'y rend galopant,

sans peur et sans détour.

Sur un coup de sifflet,

bien vite il est rejoint

Par Jean puig et Sidney,

ses deux super-copains.

Les fraises-malabars

étant au goût du jour,

Le trio de lascars

d'une voix vote pour.

Afin de mieux savoir

pour quoi ils ont voté,

Au titre de l'histoire

il faut vous rapporter.

Et nous les retrouvons

entrant chez Joséphine

En quête de bonbons,

d'un peu d'adrénaline.

Une à une les fraises,

la commande passée,

Devant leurs yeux de braise,

du pot vont au sachet.

Redoublant de prudence

pour n'en point trop verser,

Elle perd de l'assurance

et commence à trembler.

Ce spectacle amusant,

pour des fraises à un sou,

Déclenche chez les ‘'grands''

un rire presque fou.

Quelques fraises plus loin,

les nerfs à fleur de peau,

Elle y perd son latin,

ses fraises et son pot.

Gagnés par le fou-rire,

les pauvres malheureux,

N'entendent pas gémir

le vent au-dessus d'eux.

La cocotte-minute,

trop longtemps sous pression,

Frémissante et hirsute,

explose en jurons.

Il n'est guère plus temps

ici de traînailler…

Cueillant au vol le franc

et trois fraises égarées,

C'est par la moustiquaire

entrouverte à souhait

Que les vifs mousquetaires

disparaissent en fumée.

 

Trois minutes plus tard,

riant à qui mieux mieux,

D'un air bien vicelard,

ils voient venant à eux,

Robert, Thierry, Henri,

frangins souffre-douleurs,

Mais, dans ce cas précis,

fidèles serviteurs.

Loin d'être ramollis,

leurs cerveaux imaginent

Expédier les petits

taquiner Joséphine.

Sans la moindre allusion

à leur récent méfait,

Pour un franc de bonbons,

ils les envoient chercher.

La commande, sans peine,

mentionne à tout hasard,

Des fraises par dizaines

et quatre malabars.

En clair, pour être aimable,

doucement nous allons

En toute fin de fable

dans la fosse aux lions.

Je vous laisse le soin

de deviner la suite

Bien que notre destin

s'entrevoit dans la fuite.

Dans la rue, expulsés

manu militari,

Par nos frères, aux aguets,

nous sommes applaudis.

 

Dans pareille confusion,

le franc semble perdu,

Et tous, sans exception,

font une croix dessus.

La prudence étant mère

de toute sûreté,

Sur leurs grandes misères,

l'éponge est passée.

M'éloignant, l'air de rien,

la pièce bien cachée,

Je me dis « rira bien

qui rira le dernier ».

 

FIN